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ACORD
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No 2 (12 September 2001)

Article 2

BURUNDI: PROJET URBAIN DE BUJUMBURA: LE TRAVAIL SUR LA QUESTION DU CONFLIT

Dans le cadre du projet urbain de Bujumbura, ACORD travaille dans les quartiers pauvres et affectés par la guerre, avec globalement des populations généralement retournées des situation de déplacement intérieur ou de réfugié. Ces populations sont différents ethniquement mais font face aux mêmes difficultés. La crise a poussé ces communautés à se retrancher dans des ghettos ethniques. Des phénomènes de balkanisation s'observent dans les différents quartiers, induisent une absence de communication naturelle et le contact et aggravent ainsi les stéréotypes et les préjugés négatives entre les composantes. L'on pourrait penser qu'avec la signature de l'accord de paix de Arusha, la situation aurait pu s'améliorer. Mais , ce dernier a été négocié psychologiquement et physiquement par l'élite politico- militaire mue par des intérêts et besoins parfois peu proches de ceux des communautés. Les communautés n'ont été associé que symboliquement alors que c'est elle qui vivent les affres de la guerre, victimes des affrontements. Alors qu'elles ont perdu leur bien et continuent à errer loin de leur environnement naturel de production et de vie. Ces communautés sont plus intéressées par leur survie et par des questions relatives à leurs besoins et intérêts spécifiques notamment la récupération de leurs biens, l'arrestation et la traduction en justice de leurs bourreaux, la reprise de l'éducation de leurs enfants, le recouvrement de leurs exploitation et de la production, le recouvrement et la consolidation de leur statut social aujourd'hui précaire, une vie digne avec leur voisin innocents, victimes de l'amalgame et de la globalisation.

C'est dans ce contexte, que le projet urbain de Bujumbura, dans sa quête pour un meilleur rapprochement des communautés divisées, travaille depuis deux ans dans le sens de briser les barrières et les frontières psycho - sociales et physiques entre les communautés qui font face aux même défis et sont marginalisées de la même manière. Dans ce domaine précis, la nouvelle phase de trois ans , qui a débuté avec le début de l'année est en train de développer des activités en rapport avec la création des espaces de négociation communautaire de proximité et des contrats sociaux de cohabitation en plus d'autres activités de rehaussement des moyens d'existence et d'appui à la participation.

Dans un premier temps, ACORD a accompagné des expériences de visites d’échange entre les associations communautaires des zones ethniquement différentes pour un premier contact et une tentative de décrispation des esprits. Actuellement, Ces organisations communautaires ont décidé d'accélérer le processus et de faire face à la balkanisation à travers l'engagement d'un processus de négociation communautaire de proximité .

Le mouvement s'est amplifié avec l'initiative d'un collectif d' associations de femmes de Gatumba (une zone frontalière avec la République Démocratique du Congo qui abrite le plus grand nombre de déplacés hutu de la capitale) , constituées de déplacés hutu qui a décidé

d'engager un processus de dialogue et de négociation avec leurs anciennes voisines des zones Kanyosha et Musaga( majoritairement tutsi), elles-mêmes membres des associations TWISHAKIRAMAHORO «nous œuvrons pour la paix».

Le processus de négociation communautaire de cohabitation pacifique entre ces associations a débuté par des visites réciproques de sensibilisation au retour et à la réconciliation qui ont été organisées au mois de janvier 2001 à Gatumba et avril 2001 à Musaga. Ces visites ont aboutit à un atelier de négociation organisé au cours du mois de juillet et qui a réuni 70 femmes dont 35 déplacées et 35 résidentes accompagnées par les secrétaires administratifs de leurs zones respectives qui vient d’aboutir à un plan/ contrat social de cohabitation harmonieuse entre les retournés et leurs voisins.

Ce plan inclut des principes telles que l’assistance et la protection mutuelle, le pardon, le refus de la suspicion, de la globalisation et de l’extrémisme ainsi que la desolidarisation avec les fauteurs de troubles et l’engagement ferme d’œuvrer pour la paix en parole et en action.

L’engagement porte également sur l’entraide et le soutien dans les activités de reconstruction notamment dans la fabrication des briques et l’élévation des murs des maisons pour les populations encore en déplacement. Les habitants résidant ont également promis de prêter le matériel de construction(fûts, seaux, houes, pelles) et d’offrir à leurs anciens et prochains voisins à la fois l’hébergement pendant les travaux de reconstruction.

Ces derniers devraient commencer au mois de septembre avec l’appui de ACORD. Un exemple de négociation communautaire à la base, sans tambour battant, à suivre et à soutenir ! sur toute la ligne a accompagné la conception méthodologique de ce processus, l'appui logistique.


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