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ACORD
Dean Bradley House,  
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London SW1 2AF
England

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Acord e-Newsletter 

No 2 (11 September 2001)

Article 3

BURUNDI: ACORD accompagne un processus visant la décentralisation à travers la structuration du milieu en Groupe de Délégués Communautaires (GDC)

Depuis un certain temps, ACORD essai de travailler sur la question de la gouvernance. Ce travail généralement développé jusqu'aujourd'hui au niveau communautaire veut promouvoir un processus de transformation sociale et économique inductif d'une décentralisation, d'une meilleure participation des communautés généralement exclues, une modification des approches top/ down , la responsabilité citoyenne, l'appropriation par les communautés locales des processus de décision affectant leur vie. L'objectif est d'abord de soutenir la consolidation d'un mouvement civil au niveau de la base et au centre plus fort, plus actif, militant et influent, pour une société plus juste et plus équitable et de l'autre part d'engager un travail d'influence et de renforcement de capacité pour engager des changements importants au niveau des système, attitudes, des comportements des acteurs et décideurs politiques et économiques.

Ainsi, dans les provinces où ACORD travaille aujourd'hui, tous les projets initiés ont un volet important sur la question de gouvernance locale( appelé participation) et travaillent dans ce sens. La stratégie utilisée est d'accompagner un processus visant la décentralisation à travers la structuration du milieu en Groupe de Délégués Communautaires( GDC), inclusifs, élus, depuis le niveau administratif le plus bas( généralement une colline avec plus ou moins 100 ménages).

Associés aux dynamiques existantes( groupements, associations, coopératives formelles ou informelle), ces groupes sont engagés dans un processus ascendant de planification et d'influence des tributaires plus forts. Ils sont parallèlement renforcés à travers des formations sur le leadership communautaire, les droits et devoirs, les techniques simples de planification, l'égalité des genres, …. L'objectif poursuivi est d'arriver à créer un mouvement plus fort , capable de jouer le rôle de plaidoyer et de représentation et d 'intermédiation communautaire, de négocier avec les tributaires plus forts et de défendre ses intérêts.

Environs 1000 groupes de délégués communautaires composés de 6 à 10 personnes( H/F), ont été mis sur pied au niveau collinaire, zonal, communal et provincial dans les 6 provinces touchées par ACORD. Dans 3 communes sur 6 de la province de Cankuzo et dans les 6 zones de mairie de Bujumbura où ACORD travaille, ces communautés ont procédé à des diagnostics participatifs communautaires et à l'élaboration des plans de développement. Dans les 4 provinces où ACORD travaille avec le FIDA et le GOB en partenariat avec d'autres Ongs, le même processus est presque terminé.

Ces processus d'analyse diagnostique et de planification qui regroupent ces communautés élus mais aussi les autorités administratives, les services techniques locaux, les autres leaders d'opinion, les confessions religieuses, les parlementaires, les déplacés et les communautés restées dans leurs exploitations, les rapatriés récents et les groupes les plus marginalisés, sont de véritables cadres de négociation et de débats, d'influence mutuelle, et les résultats sont des priorités consensuelles , reconnues, internalisées. Ces cadres offrent aussi des opportunités aisées de discussion sur les questions sensibles d'ordre stratégiques telles que la participation, le conflit, le genre, le vih-sida, l'exclusion sociale, a corruption, la gestion centralisée des ressources…

Ces plans élaborés dans une approche hautement participative et ascendante, donneront aux structures décentralisées de l'état des cadres de pilotage des actions de développement et d'interventions, des outils de négociation avec les différents bailleurs, intervenants; ils vont les aider aussi à pouvoir ainsi harmoniser les interventions en tenant compte surtout des besoins et des priorités définis par les populations d'une manière participative et avec des mécanismes de contrôle et de suivi- évaluation communautaires à travers les structures de délégués communautaires.

Dans les 4 provinces de Kayanza, gitega, Cibitoke, Kayanza ces plans communautaires de développement seront la moelle épinière de toutes les interventions dans le cadre du programme de Relance et du Développement duMonde Rural développé par le fida et le Gob.

Des programmes de renforcement de capacités de ces structures communautaires élues sont en train d'être développés pour les rendre à même de jouer le rôle qui est le leur.

C'est ainsi qu' un atelier de ce genre a été tenu du les 8-9-10 août à l'intention des comités de délégués communautaires de Kanyosha et Buterere, deux zones où travaille le projet urbain de ACORD. L'atelier regroupait 50 personnes issues de tous les secteurs d’activités, de tous les quartiers et de toutes les couches sociales auxquels s'étaient joints des leaders officiels à la base, au niveau zonal et communal, les représentants de l'administration, les autres opérateurs du milieu. L'atelier a:

  • réfléchi sur l'apport dans le développement de leur zone,
  • l'internalisation de leur mandat,
  • l' échangé sur leurs attentes par rapport à l'administration et les autres partenaires,
  • permis l' apprentissage des techniques et des méthodes appropriées pour assumer le rôle de représentation et de défense solidaire de leurs intérêts.
  • Formé sur leurs droits et devoirs, le leadership communautaire, les techniques participatives

Cette ateliers était accompagnés méthodologiquement par ACORD et quelques experts/ partenaires externes.

Ce genre d'espaces, au delà que ce sont des cadres de négociation des communautés jusqu'ici divisées sur les priorités, sont aussi des opportunités d'influence de l'administration et d'autres tributaires plus forts. Cette session a constitué par exemple une occasion de réaliser un face à face entre les dirigeants de la mairie de Bujumbura et la population à la base, dans un cadre neutre et technique et positif. Les groupes de délégués ont notamment interrogé sur le processus de financement et sur l’affectation des recettes issues des impôts et taxes des différentes zones de la mairie : la zone Kanyosha collecte mensuellement un montant de 80 mille dollars par an sur base des impôts et taxes prélevés sur les produits et services des communautés. Ce montant est directement reversés à la mairie où il est géré comme cela est exigée par la loi budgétaire et fiscale( centralisation). En retour, la zone de Kanyosha reçoit uniquement US $600 par an affectée par la mairie pour financer les charges de fonctionnement. Le reste de l'argent est réaffecté ailleurs selon les priorités définie par la mairie, loin de la communauté.

Les participants ont eu l’opportunité de discuter à coeur ouvert avec le secrétaire général de la mairie sur l’affectation du budget de la mairie en tenant compte des priorités des zones. Ensemble, le constat a été fait de la nécessité d'impliquer les structures communautaires dans la planification/ budgétisation et celle d'arriver à retenir un important pourcentage des recettes perçues dans chaque zone pour financer les activités de développement prioritaire tel que décidé par la communauté. Les autorités de la marie sont tombées d'accord que ce processus devrait ainsi être développé pour notamment améliorer la qualité et le contrôle des perceptions fiscales, mais aussi pour assurer une meilleure redistribution des ressources disponibles selon les priorités des communautés. Les délégués à l'atelier se sont convenu de faire le suivi de ces décisions pour en assurer l'effectivité.Ceci permettra de réduire le système de pompage du peu d'épargne vers d'autres milieux ou secteurs non prioritaires que ceux définis par les communautés elles -mêmes. C'est atelier est pour ACORD un bel exemple d'accompagnement du plaidoyer communautaire


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